Bonjour Chantal,
Concernant le Cryptoméria japonica sa résistance dépend du varietar. Pour faire simple, il existe deux varietés de cryptomérias, ceux dont le feuillage roussit l'hiver sous l'effet du froid et ceux qui ne roussissent pas.
S'il s'agit d'un varietar type, c'est-à-dire d'un Cryptomeria japonica var. japonica appelé Sugi au Japon, cet arbre se comporte comme le Sequoiadendron giganteum dont il est un proche parent. L'arbre est sempervirens (toujours vert). Cette espèce est assez résistante. Idem, s'il s'agit d'un Cryptomeria japonica var. 'Bandaï sugi' ou d'un autre proche parent vivant dans les montagnes de Taîwan, le Taiwania cryptomerioides.
A l'inverse, si ton arbre est un Cryptomeria japonica var. sinensis, parfois appelé Cryptomeria sinensis Sieb. ou Cryptomeria fortunei, l'arbre est beaucoup plus fragile. On retrouve cette fragilité sur les varietars botaniques 'Elegans' et 'Vilmoriana' du cryptoméria japonica.
La culture de ces Séquoias asiatiques en France est rendue difficile par l'absence de phénomène de mousson et l'inversion des conditions climatiques. Au Japon, les hivers sont secs, plus ou moins froids selon la localisation dans l'archipel et les étés humides avec un soleil voilé. Or, il ne faut pas oublier que tous ces arbres sont des Sequoias, ils réagissent tous plus ou moins comme le Séquoia géant de Californie, mis à part leur résistance au froid. Un Sequoiadendron commencera à avoir des problèmes à partir de - 35° C, alors que les Cryptomérias et Taïwanias seront morts dès - 12° C.
Pour se développer ces arbres géants (de 60 à 90 m selon les espèces) ont besoin d'énormément d'eau dans les sols et dans l'atmosphère, surtout l'été. Ce sont des arbres particulièrement voraces en azote qui aiment les sols humiques et un peu acides. Trois ennemis leurs sont mortels : la sècheresse (surtout atmosphérique), l'argile et le calcaire.
La croissance des Cryptomérias est cependant moins vigoureuse que celle du Sequoiadendron et leur système racinaire plus fragile en pot. En conséquence, il vaut mieux être prudent. Sur le Bandaï Sugi que je viens de ligaturer, le rempotage n'aura lieu qu'en début octobre, (toujours rempoter les Taxodiacées en terre chaude car ces fossiles vivants réagissent lentement et il faut 3 ans minimum pour qu'ils s'adaptent à un pot).
Ensuite, concernant la taille des racines, les Taxodiacées ont pour particularité d'avoir un racinaire peu profond, mais très étalé. Ainsi, un Sequoiadendron de 80 m, âgé de plus de 3000 ans, n'aura développé que des racines d'1 m de profondeur, mais étalées sur près d'un hectare. C'est d'ailleurs la raison principale de leur mort. Après une tempête, on retrouve de nombreux arbres géants déracinés.
Donc pour la taille des racines prudence. Si tu tailles, jamais plus de 10 % du racinaire ne doit être ôté. Au-delà, la pratique devient aventureuse. Si tu veux en savoir plus sur ces arbres, consulte le site de mon ami Joe Welker, tout en te disant que les conseils donnés concernent l'espèce la plus robuste de la famille, le Séquoia géant :
http://www.giant-sequoia.com/homepage/Concernant la forme, Sankan, Sokan ou Moyogi, il me semble que c'est à toi de voir. Pour un Sankan, le tronc parent ne se trouve pas au centre malheureusement. Personnellement, je supprimerai le tronc du milieu plus frêle pour en faire un Sokan. Mais d'autres membres du forum te donneront à n'en pas douter des conseils avisés.
Sur la dernière question, je laisserai l'arbre pousser librement pendant le printemps, l'été et l'automne en lui apportant un maximum d'engrais azoté. Une taille et une pose de ligature hivernale alors que l'arbre a une activité réduite me semble préférable.
J'espère que ces quelques conseils te seront utiles.