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Auteur Fil de discussion: Les boutures  (Lu 718 fois)
Toche
Invité
« le: 06 Juin 2009 à 22:07:34 »

Bonjour,

Voici quelques informations concernant le bouturage des azalées


Le bouturage des satsuki n’est pas très difficile, il peut se faire sur bois tendre ou bois dur.
Bien sûr, le bouturage sur bois dur (bois lignifié ou bois aoûté) prendra plus de temps.

Trois points importants pour la réussite des boutures :
L’humidité.
La chaleur.
La luminosité (à ne pas confondre avec l’ensoleillement).

Quand :
Selon différents ténors du satsuki, la meilleure période est mi-mai à fin juin pour les boutures de bois tendre (pousse de l’année)
En fait, elles peuvent se faire plus tard, mais il y a plus de risque pour passer l’hiver.
Personnellement, je les pratique après la floraison, en profitant des déchets des tailles d’entretien

Le printemps (avant la reprise végétale) étant la meilleure période pour les boutures de bois dur.
D’après M. A. Kennedy, les Japonais pratiquent ces boutures en février.
Attention, l’enracinement est beaucoup plus long à obtenir.

Dans quel substrat : 
Un mélange très drainant composé de gravions dans le fond et de kanuma trois granulométries différentes, comme toujours la plus grosse dans le fond pour terminer par la plus fine en surface, je rajoute un peu de terre de bruyère à la dernière couche.
Le tout étant installé dans une caisse assez profonde en polystyrène.



Comment :
Je détache de la plante une jeune pousse de l’année de 4 à 8 cm de long avec une paire de ciseaux ou mieux, avec une pince concave.





La plupart du temps, je prélève des rejets sur le tronc, ils sont disgracieux et ne font qu’affaiblir l’arbre.
Sur la photo, les rejets marqués en jaune seront prélevés tandis que ceux en rouges resteront encore quelque temps.
De cette façon, ils contribueront à masquer la cicatrice.



Pour éviter qu’ils ne se dessèchent, je place tous mes prélèvements dans un verre d’eau.



Quand j’en ai en suffisance, je les prends un par un, j’enlève les feuilles de la partie basse.





Je coupe le bas de la bouture à angle droit par rapport à la longueur de la branche on peut aussi le couper en biais.
J’utilise un bistouri et une lame neuve.

Je les trempe dans de la poudre d’hormone et élimine l’excès de poudre en « tapotant» légèrement avec l’index.



Je fais un avant-trou dans le substrat avec un bâton ou un pic à brochette pour éviter que la poudre d’hormone ne reste en surface.



Je les plante verticalement à une profondeur de deux centimètres en faisant attention qu’il n’y ait pas de feuille qui touche le sol.
Je les incline si je veux leur donner un mouvement à la base.
Je tasse la terre pour qu’elle soit en contact avec la bouture.
Il est bien sûr possible de les planter en les inclinant pour donner un mouvement naturel au départ du tronc, c'est selon la forme que l'on veut donner au futur plan.




Ou :
Une fois mes boutures installées dans leur caisse, je les place dans un endroit lumineux, abrité du vent et ne recevant le soleil qu’une partie de la matinée.
Je les protège également de la pluie qui est parfois trop violente, de plus je préfère doser l’arrosage moi-même.
Il est bien évident qu’il faut protéger ces jeunes boutures du gel.

Engrais :
Dès les premiers signes de reprise, je donne de l’engrais organique.

Combien de temps :
Les jeunes racines sont extrêmement fragiles, personnellement, je laisse mes boutures tranquilles dans leur caisse pendant environ un an.
Après cette période, je les place dans un pot de culture et les engraisse de mon mieux.
D’autres personnes les rempotent déjà après deux mois.

En deux ans, on peut obtenir ceci.





Journalisée
Toche
Invité
« Répondre #1 le: 06 Juin 2009 à 22:09:18 »

Voici une petite variante concernant les caisses à boutures
Il y a quelque temps, j’ai fait des boutures d'azalées panachées.
Je les ai placés, comme je l’avais expliqué précédemment dans une caisse en polystyrène.
Avec cette fois, la différence que j’utilise une caisse plus haute, je vous explique pourquoi plus bas.



Celle que j’avais, n’avait pas de trous, j’en ai donc percé quatre grands trous pour avoir une bonne évacuation des eaux.



Pour ne pas que ces trous se bouchent, je place une grille devant.
J’utilise ceci, c’est une grille que l’on place sur les gouttières pour éviter qu’elles ne s’encrassent.



Je coupe une bande égale à la largeur de la caisse.
Je la plie à angle droit et je place une couche de gravier dessus pour ne plus qu’elle bouge.
Cette couche de gravier m’assure un bon drainage, mais aussi une bonne fixation de la grille.









La suite, vous la connaissez, on place les couches de différentes granulométries et il n’y a plus qu’à s’occuper des boutures en elles-mêmes.





J’ai utilisé une caisse plus haute, car Marc Bauwens m’a conseillé de recouvrir la caisse avec un sac en plastic légèrement mat.
Pour garder l’humidité et préserver les boutures du vent* et des rayons du soleil.
*Le vent risque de faire bouger les boutures, à la longue elles risquent de ne plus être totalement en contact avec le substrat et finiraient par sécher.



Un autre petit truc: si vous avez taillé des branches pour faire des boutures et que vous n'avez plus le temps de les repiquer.



Vous pouvez les mettre dans un petit sachet avec très peu d'eau (juste pour donner un peu d'humidité) et le placer au frigo.
Elles peuvent tenir ainsi deux ou trois jours.

Cette caisse fait 60 cm sur 40 cm et 25 cm de haut.
On ne peut pas dire que ce soit totalement hermétique, mais ça maintien un bon degré d'humidité.

Deux bois de chaque côté et 6 vis pour pincer le sac de plastique.
De cette façon, le film de plastique est rigidifié et il ne risque plus de descendre dans la caisse si il pleut et les chats ou les oiseaux ne feront plus de dégâts à vos boutures.

En fait, grâce à ce petit système on retrouve un peu tous les avantages d'une petite serre.
Pour ceux qui ne disposent pas de place ou de rentrée financière pour s'en offrir une vraie, je pense que ça peut être intéressant.



Journalisée
Toche
Invité
« Répondre #2 le: 06 Juin 2009 à 22:11:03 »

Voila ce que ça peut donner en trois ou quatre ans.





Avec celles-ci, je vais pouvoir essayer de faire une forêt.
40 boutures bien droites, toutes de la même variété "Nisshoki"

Il faut que je demande à Jacques Marty de me faire un pot spécialement pour ce projet.



Un dernier conseil. Faite attention aux chats, ils adorent se coucher sur les boutures.
J'en ai fait la triste expérience avec une caisse d'une trentaine de boutures d'azalée panachée.  :evil:  Sourire
« Dernière édition: 06 Juin 2009 à 22:23:29 par Toche » Journalisée
Toche
Invité
« Répondre #3 le: 06 Juin 2009 à 22:11:56 »

Voici une mini suite avec ce que ça peut donner après quelques années de culture.

Aujourd’hui, je les ai placées dans des pots de culture, ou elles vont pouvoir se développer.
Elles vont y rester de 3 à 5 ans selon leurs évolutions.
 
Je pense que ça pourrait faire de jolis petits shohins.









Celle-ci sera travaillée pour en faire un fukinagashi



Journalisée
Toche
Invité
« Répondre #4 le: 06 Juin 2009 à 22:18:05 »

Dans la série bonsaï pour tous, voici une caisse de boutures destinées à la réalisation d’une forêt.
Ce n’est qu’un début, je suis bien conscient qu’il faudra encore bien des années de culture avant d’avoir un résultat valable.







Je vais, maintenant que je les vois mieux, faire une sélection de branches



Et l'histoire continue.


Actuelement ...

Journalisée
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